XVII ème siècle
En 1562, une épidémie de « peste », catégorie où l'on classait alors la plupart des maladies contagieuses connues, provoque la mort de 68 000 parisiens, soit un tiers de la population. Eviter la propagation qui porte atteinte aux échanges et à l'économie du Royaume est devenu une priorité pour le conseil du Roi, d'autant plus que l'Hôtel-Dieu est situé au centre de la capitale et n'a pas la capacité à recevoir un afflux important de malades.
Par un Edit enregistré le 19 mai 16 07 Henri IV ordonne la construction d'un hôpital « hors des faux bourgs, du côté de la ville de Saint-Denis » .
13 juillet 1607 Henri IV vient lui-même poser la première pierre de la chapelle.
Par délibération du bureau de l'hôtel Dieu datée du 27 novembre 1607 c'est le maître maçon Claude Vellefaux qui est choisi pour la construction. Le principe général qui préside à la construction de l'Hôpital Saint-Louis est celui de l'isolement des contagieux par l'enfermement.
28 novembre 1607 - le Roi souhaite que l'hôpital prenne le nom de Saint-Louis en mémoire de son illustre aïeul. ( 25 août 1270 Mort de Saint Louis à Tunis lors de la huitième croisade).
1610 Achèvement de la Chapelle La première cérémonie que l'on y célèbre est le service funèbre pour son fondateur Henri IV.
1612 Achèvement de la construction de l'Hôpital
1613-1614 - Construction d'un puits par Claude Vellefaux,
8 mai 1616 Ouverture des salles- Admissions des premiers patients.
1618 la grande peste de Paris- Les malades de ‘Hôtel Dieu sont envoyés à Saint-Louis avec 4 religieuses, un chapelain et deux chirurgiens. La méthode adoptée pour lutter conte la contagion était celle du transport forcé et de l'enfermement.
L' hôpital fonctionne sans interruption pendant 20 ans recevant des malades contagieux.
Il fonctionne ensuite par intermittence ; sert d'abri aux pestiférés en temps d'épidémie, d'hôpital d'enfermement pour les mendiants ou de magasin à blé.
1620 Claude Vellefaux fait planter 200 ormes. Les vastes nombreux jardins de l'établissement étaient plantés d'amandiers et d'abricotiers , on y cultivait des légumes dont la vente rémunératrice contribuait à l'entretien de l'hôpital.
1651 Les troubles de le Fronde- Réouverture de l'hôpital , presque 200 blessés par jour sont accueillis.
1670 Pour la première fois l'hôpital accueille des malades atteints de scorbut.
1670-1690 L'hôpital accueille un nombre considérable de scorbutiques et des convalescents de l'Hôtel Dieu.
XVIII ème siècle
En 1719 le Régent de France a envoyé visiter l'hôpital Saint Louis dans l'intention d'y installer la Monnaie.
1729 Pendant 20 ans l'hôpital sert de réserve à blé.
1737 on décide d'utiliser un terrain libre situé par le côté sud de la Chapelle pour en faire un jardin botanique.
30 décembre 1773 La majeure partie des bâtiments de l'Hôtel Dieu est détruite par un incendie. Les malades sont transportés à Saint- Louis qui, à partir du 10 mars 1773 ne cessera plus de fonctionner.
15 mai 1788 le baron de Breteuil écrit au Bureau des Hospices que « l'intention de Sa majesté Louis XVI est qu'il soit très incessamment procédé à la démolition des anciens bâtiments de Saint-Louis ». C'est la Révolution qui le sauvera . On y loge alors des malades chroniques, les cancéreux, les scrofuleux, les dartreux, et les teigneux. C'est ainsi que se constitue peu à peu une sorte de population spéciale qui donne peu à peu à cet hôpital son caractère particulier.
Dès lors il prend le nom d'Hôpital du Nord .
Devenu autonome avec ses médecins, et ses malades il est le refuge de toutes les affections cutanées cataloguées sous la dénomination générale d'ulcères.
Saint-Louis est desservi par les Religieuses Augustines de l'Hôtel Dieu.
12 juillet 1798 (25 messidor an VI) - Nicolas Héleine est nommé le premier pharmacien chef à l'hôpital Saint-Louis
XIX ème siècle
27 novembre 1801 - (6 frimaire an X) Sous le Consulat, un arrêté du Conseil d'administration des Hospices, consacre officiellement l'hospice du Nord au traitement « des maladies chroniques, soit contagieuses comme la gale, la teigne, soit rebelles et cachectiques comme les dartres, le scorbut, les ulcères, les écrouelles etc … ».
Il a pour premiers médecins : de Lavergne (Lavergne) et Delaporte (Laporte).
Rufin fût le premier chirurgien , Richerand chirurgien en chef adjoint.
Alibert, médecin adjoint sût y faire un enseignement vivant et fût le fondateur de la dermatologie en France.
1805 l'hôpital reprend officiellement le nom d'hôpital Saint-Louis
1814 installation d'un « four épuratoire » et service de bains externes transformé en 1816 avec création d'un bâtiment tant pour le traitement des malades que pour l'hygiène des habitants des quartiers voisins.
1816 la première usine à gaz française construite d'après l'invention de Philippe Le Bon est édifiée dans les jardins au sud de la chapelle
25 décembre 1819 dans la chapelle, les parisiens sont invités à venir admirer le premier essai d'éclairage au gaz de ville.
1845 création d'une maternité
1846 le 16 octobre 18 46, à Boston, le dentiste Morton a endormi sous éther sulfurique un jeune homme de 20 ans.
Ce nouveau procédé est testé quelques semaines plus tard par deux chirurgiens de l'hôpital Saint-Louis, Jobert de Lamballe et Malgaigne.
1855 Bazin institue un traitement contre la gâle évitant l'hospitalisation des patients et réduisant la durée du traitement
1879 la première chaire de clinique des maladies cutanées et syphilitiques est créée et occupée par Alfred Fournier
1885 on commence à construire en bordure de la rue Bichat les bâtiments destinés aux nouvelles consultations de médecine et de chirurgie , ainsi que le musée des moulages et la bibliothèque médicale.
1886 début du fonctionnement de l'école des teigneux, créée par le docteur Lailler . Lailler fut également à l'initiative de la venue du mouleur Jules Baretta et de la création du musée des moulages.
21 décembre 1886 construction d'un laboratoire spécial pour l'examen des teignes et la recherche des moyens de guérison
1886 Installation de la première station des ambulances urbaines à Saint-Louis
5 août 1889 - inauguration officielle du musée des moulages, création de la société française de Dermatologie et premier congrès international de dermatologie.
1891 on annexe au pavillon central du quadrilatère une salle d'anesthésie au protoxyde d'azote réclamé par le chirurgien Péan qui fera don au musée, de sa collection de 540 moulages payée sur ses propres deniers.
XXème siècle
1908 création d'un service O.R.L
1919 - création d'un service d'ophtalmologie.
1930 - construction du nouveau dispensaire circulaire de la Clinique de la Faculté de médecine (rotonde en briques appelée aussi le pavillon Gougerot)
15 juillet 19 32 - inauguration du pavillon de Malte.
28 juillet 19 37 - classement et inscription des bâtiments aux Monuments Historiques.
1 er février 1955 - parmi les sept centres de recherches que l'Association Claude-Bernard ouvre dans les hôpitaux de l'Assistance Publique figure l'institut de recherche sur les leucémies de l'hôpital Saint-Louis.
En 1960 - cet Institut prend le nom du Professeur Georges Hayem (1841-1933) premier président et fondateur de la Société Française d'Hématologie .
Le Professeur Jean Bernard nommé chef du service d'hématologie de l'hôpital Saint-Louis le 1 er janvier 1957, dirige également à partir du 1er octobre 1968 l'hôpital de jour d'hématologie Paul Chevallier annexé à son service.
1980 - attribution du prix Nobel de médecine au Professeur Jean Dausset pour ses travaux sur l'histo-compatibilité .
1984 - ouverture de la première tranche du nouvel hôpital Saint-Louis.
1989 - ouverture de la deuxième tranche du nouvel hôpital Saint Louis.
7 juillet 1992 - classement aux Monuments historiques des moulages et des vitrines du musée.
Un hôpital du XXI ème siècle
Les bâtiments du « nouveau Saint-Louis » ont été édifié entre 1984 et 1989 sur les plans de D. Badani et P. Roux-Dorlut. En vis à vis du Quadrilatère historique dont les espaces sont aujourd'hui principalement consacrés à des structures transversales d'intérêt général et des activités de recherche.
Saint-Louis, hôpital de l'Assistance Publique –Hôpitaux de Paris poursuit ses missions de soins, d' enseignement et de recherche.
Son Projet Médical a été élaboré autour de deux axes majeurs :
Hôpital de spécialités , de par son histoire et l'implantation ancienne de ses disciplines de renommée internationale : oncologie, hématologie, dermatologie, chirurgie plastique et unités de transplantation (rein, pancréas, moelle osseuse).
Hôpital de Proximité , avec des services répondant aux besoins de la population environnante : urgences de proximité, chirurgie générale, médecine interne, unité de consultat ions et de médecine ambulatoire , consultations précarité.
L'activité clinique s'appuie notamment sur
l'existence d'un plateau médico-technique performant et adapté :1 service de radiothérapie ( 3 Accélérateurs de particules),1 service de médecine nucléaire ( 1 TEP Scan, 2 gammas caméras),
1 service de radiologie( 17 salles de radiologie, 2 scanners ,1IRM) ;
trois policliniques : Immuno-Hémato-Oncologie, Dermatologie et Médico-Chirurgicale' regroupant des activités d'hospitalisation de jour et de consultation ;
des laboratoires
un pôle lourd de thérapie cellulaire ;
un centre intégré de thérapie génique ;
un secteur de rééducation fonctionnelle ;
Un nouveau regroupement des services
Dans le cadre de la mise en place de la nouvelle gouvernance , la structuration des activités médicales de l'hôpital Saint-Louis s'articule autour de sept pôles :
pôle digestif - urologie - néphrologie - endocrinologie (D.U.N.E.) ;
pôle hématologie et immunologie clinique (H.I.C.) ;
pôle peau - ORL - plastie - stomatologie (P.O.P.S.) ;
pôle pneumologie - anesthésie – réanimations – médecine interne – urgences (P.A.R.M.U.R.) ;
pôle imagerie et cancérologie (P.I.C.) ;
pôle produits de santé - anti infectieux -infections nosocomiales évaluation - (PRO.S.E.N) ;
pôle de biologie - pathologie - immunologie (B.P.I.).
Ce découpage est cohérent avec les grandes orientations du projet médical:
l'évolution de l'hématologie - immunologie ;
la cancérologie solide et ses liens externes et internes ;
le soutien des greffes rénales et rein/pancréas ;
l'évolution des réanimations ;
l'accueil des brûlés, la reconstruction et la dermatologie ;
les projets biologiques et imagerie ;
la maîtrise des infections de l'immunodéprimé ;
la recherche clinique ;
Un site de Recherche et d'organisation de la Recherche Clinique
Multiplicité des thématiques, richesse des compétences, la Recherche sur le campus de Saint-Louis, est à l'image de la structure d'hospitalisation, avec la présence sur le site :
d'un Centre d'Investigations Cliniques : structure de 6 lits permettant de mener des essais thérapeutiques en adéquation avec les thématiques de recherche et les pathologies traitées à Saint-Louis ;
d' un Centre d'investigation Biomédicale en Hématologie- Oncologie- Greffes pour le développement et la valorisation de l'innovation biomédicale au profit de la recherche clinique et de la santé du patient ;
de l'Institut Universitaire d'Hématologie - Centre Georges Hayem regroupant plusieurs laboratoires universitaires d'Hématologie, 12 équipes de recherche INSERM, une unité du CNRS, un service de recherche en Hémato-Immunologie du Haut-Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) ;
d' un Centre de Recherche en Dermatologie , situé au Pavillon Bazin, et comprenant une unité de Recherche INSERM ;
du DBIM, département de bio statistique et d'information médicale.
Du laboratoire de transfert de l'Institut Curie ;
d'une plateforme de partenariat industriel en cours de développement pour renforcer et en optimiser des collaborations industrielles entre les sociétés de biotechnologie et les équipes médicales et techniques de l'hôpital sur des thématiques en adéquation avec les axes forts du projet médical de l'hôpital ;
l'implantation future du secrétariat général du Cancéropôle Ile-de-France.
285 protocoles d'essais cliniques sur médicaments et dispositifs médicaux en cours dont 96 nouvelles études en 2005
-71 contrats de recherche subventionnées par des institutionnels ( ARC, ANRS, INSERM, Ligue contre le cancer)
• Un site d'organisation de la Transplantation
Saint-Louis est un site important en matière d'organisation de la transplantation (moelle, rein, rein-pancréas),
et accueille sur le site :
une Banque de Tissus Cryopréservés ;
le laboratoire national d'Histocompatibilté
le Laboratoire Régional d'Histocompatibilité,
-101 transplantations de rein et de rein-pancréas
-70 prélèvement d'organes
-118 allogreffes de moelle osseuse
-165 autogreffes de moelle osseuse
Hôpital Saint-Louis : données d'activités 2007
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